France

Voyages d’affaires : les émissions des grands groupes français ont diminué d’un tiers par rapport à 2019

mayo 24, 2024
17 des 18 entreprises françaises analysées dans une nouvelle étude de la campagne ‘Travel Smart’ de Transport & Environment maintiennent leurs niveaux de voyages d’affaires plus bas qu’avant le Covid, même si beaucoup d’entre elles remontent vite la pente.

Une nouvelle analyse de T&E sur les émissions de voyages d’affaires de 18 entreprises françaises en 2023 révèle qu‘en moyenne, elles ont réduit leurs émissions d’un tiers (-33 %) en 2023 par rapport à 2019. Mais certaines d’entre elles se rapprochent rapidement des  niveaux de 2019. Parmi elles, Forvia (anciennement Faurecia), Sanofi et Air Liquide sont revenues à quasiment 90 % de leurs niveaux d’émissions de 2019. Ceci, malgré le fait que les entreprises ont appris à travailler avec les outils de visioconférence et avec moins de vols depuis le Covid, et alors que la plupart d’entre elles se sont engagées à réduire leur empreinte carbone.

Une entreprise, bioMérieux, a dépassé ses niveaux de vols de 2019 (+9%).  En même temps, elle dit avoir établi en 2023 un objectif de réduction interne de -10% par rapport aux émissions de voyage de 2022, une évolution positive qui devrait aider à corriger la trajectoire. 

9 des 18 entreprises analysées se sont fixées des objectifs de réduction des voyages d’affaires, et deux entreprises ont réussi à réduire significativement leurs vols, qui représentent l’essentiel des émissions de voyages d’affaires, et ont maintenu les faibles niveaux d’émissions observés à la sortie de la pandémie. Les émissions 2023 de voyages d’affaires de Dassault sont à -60 % des niveaux de 2019 et celles d’Amundi à -51 %. En 2022, neuf entreprises avaient réussi cette performance, en grande partie à cause des restrictions dues au Covid. Dassault et Amundi ont des objectifs de réduction de leurs émissions liées aux voyages d’affaires. 

Jérôme du Boucher, responsable aviation France explique, “On note un retour préoccupant de la hausse des  émissions des voyages d’affaires en France. Il semble que les leçons de la pandémie n’ont pas été retenues. Pourtant la voie à suivre a été tracée : davantage de réunions en ligne, plus de voyages en train et moins en avion. Malheureusement, trop d’entreprises reprennent des habitudes de déplacements en avion excessives, sans aucune considération pour la planète.”

En cumulant les réductions de vols des 18 entreprises, l’étude montre que 425 000 tonnes de  CO2 ont été économisées en 2023 par rapport à 2019, équivalant aux émissions de 215 000 voitures pétrole en un an. En moyenne, les 18 entreprises ont réduit leurs émissions d’un tiers (-33 %) en 2023 par rapport à 2019. Il s’agit toutefois d’un rebond significatif par rapport à 2022, année où les émissions des 18 entreprises étaient restées à la moitié (-50 %) des niveaux de 2019. Si les 18 entreprises avaient maintenu leur activité en 2023 à 50 % des niveaux de 2019, 245 000 tonnes de CO2 supplémentaires auraient pu être économisées. 

Le gouvernement français a récemment pris des mesures encourageantes concernant les voyages d’affaires. Dans le cadre de son Plan de Sobriété Énergétique, il a demandé aux entreprises ainsi qu’à ses services de privilégier le train au lieu de l’avion pour les trajets pouvant être effectués en moins de quatre heures à partir de janvier 2024. Le gouvernement reconnaît également l’énorme impact climatique des transports. Et c’est pour cela que  la circulaire ultérieure relative à l’engagement pour la transformation écologique de l’État inclut un objectif de réduction des voyages aériens de 20% en 2024 par rapport à 2019, avec une ambition augmentée à -30 % en 2027. 

T&E appelle les entreprises françaises à faire de même, en se fixant des objectifs de réduction des émissions liées aux voyages d’affaires à 50% ou plus d’ici 2025. Cet objectif a été fixé sur la base de la feuille de route de T&E, qui montre qu’une réduction de 50 % de l’ensemble des émissions liées aux voyages d’affaires est nécessaire d’ici 2030, afin de maintenir l’aviation dans une trajectoire compatible avec une planète à 1,5°C.

 

 

 

 

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