Belgium

Les multinationales belges ne proposent pas de plans crédibles relatifs à la réduction des émissions de leurs vols d’affaires

Março 15, 2023
Aucune entreprise belge figurant dans la deuxième édition d'un classement sur les voyages d'affaires réalisé par The Travel Smart Campaign, n'a fixé d'objectif de réduction de ses émissions liées aux voyages d'affaires.

Aucune entreprise belge figurant dans la deuxième édition d’un classement sur les voyages d’affaires réalisé par The Travel Smart Campaign, n’a fixé d’objectif de réduction de ses émissions liées aux voyages d’affaires. La majorité des entreprises belges n’abordent pas la “partie immergée de l’iceberg” des émissions “non CO2” associées à leurs déplacements aériens. Explications.

Au niveau mondial, seules 50 entreprises sur les 322 du classement ont un objectif de réduction des émissions liées aux voyages d’affaires. Parmi les entreprises qui se sont fixé un objectif, seules quatre d’entre elles obtiennent la “norme d’or”, c’est-à-dire qu’elles déclarent leurs émissions liées au transport aérien et s’engagent à les réduire de 50 % ou plus, d’ici à 2025 ou avant. Il s’agit de Novo Nordisk (industrie pharmaceutique, Danemark), Swiss Re (finance, Suisse), Fidelity International (finance, Royaume-Uni) et ABN Amro (finance, Pays-Bas).

Dans leur bilan – réalisé pour la première fois – des déclarations des émissions “non CO2” liées aux vols d’affaires, le classement révèle que deux entreprises belges montrent la voie en déclarant toutes les émissions de gaz à effet de serre associées aux vols d’affaires : l’entreprise pharmaceutique UCB et l’entreprise technologique Barco NV, qui ont montré l’exemple en tenant compte de l’impact total des vols dans leurs rapports.

En effet, l’impact climatique des vols d’affaires ne se limite pas aux émissions de CO2. En plus du CO2, les moteurs d’avion émettent d’autres gaz – oxydes d’azote, dioxyde de soufre et eau – ainsi que des particules (suie). Ces émissions sont communément appelées émissions « non CO2 », et on estime qu’elles sont responsables des deux tiers du dérèglement climatique total dû aux vols. Pourtant, très peu de compagnies reflètent l’impact total des vols d’affaires en comptabilisant les effets « non CO2 ».

Marie Spaey, chargée de mission Tourisme chez Canopea, déclare : “Les émissions dues aux voyages d’affaires sont souvent responsables d’une grande partie de l’impact climatique d’une entreprise. En les réduisant, les entreprises peuvent réellement progresser dans la lutte contre le dérèglement climatique. Cependant, de nombreuses entreprises n’ont pas encore une connaissance précise de l’impact climatique de leurs voyages d’affaires. Seuls quelques leaders du classement s’alignent sur la science en déclarant les émissions autres que le CO2 – la partie immergée de l’iceberg de l’impact total de l’aviation sur le climat.

Volkswagen, KPMG et Johnson & Johnson sont les trois principaux émetteurs du classement Travel Smart, n’ayant pas fixé d’objectifs de réduction des émissions liées aux voyages d’affaires. Mais l’analyse montre qu’il est possible et nécessaire de se fixer de tels objectifs, comme l’ont fait des entreprises de taille et de secteur similaires telles que Deloitte et AstraZeneca.

L’étude montre que si 10 % des entreprises – les plus gros émetteurs du classement – se fixaient des objectifs de réduction de 50 %, cela permettrait de faire la moitié du chemin pour atteindre l’objectif mondial de -50 % des émissions liées aux voyages d’affaires en avion d’ici 2025. La réduction des émissions de l’aviation est aujourd’hui plus cruciale que jamais, si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

Pour la décennie critique qui nous sépare de 2030, le meilleur moyen de réduire les émissions de l’aviation est de prendre moins l’avion, car l’avènement des carburants durables et des avions à émissions nulles n’est -à l’heure actuelle » espéré qu’après 2030, tandis qu’il est clair que la compensation ne peut se substituer à la réduction des émissions.

La campagne Travel Smart invite les entreprises à se fixer des objectifs ambitieux pour réduire les émissions liées aux voyages d’affaires, à remplacer l’avion par le train lorsque c’est possible et à privilégier la vidéoconférence pour remplacer les vols long-courriers.

Marie Spaey conclut : « Une politique de voyages durables, qui intègre notamment la tenue de réunions en ligne et des lieux de réunion de proximité, présente de nombreux avantages pour une entreprise : non seulement une empreinte carbone plus faible, mais aussi un gain de temps, davantage de bien-être et une réduction des coûts ».

A propos de la campagne Travel Smart et du classement : Transport & Environment, en collaboration avec une coalition de partenaires sur le plan international, a lancé la campagne Travel Smart en 2022 avec l’édition annuelle d’un classement des entreprises sur les pratiques durables en matière de voyages d’affaires. La campagne s’adresse aux entreprises, l’objectif étant qu’elles réduisent leurs émissions liées aux voyages d’affaires de 50 % ou plus, d’ici 2025 ou plus tôt, par rapport aux niveaux antérieurs à la crise du Covid.

Le Travel Smart Ranking classe 322 entreprises américaines, européennes et indiennes en fonction de 10 indicateurs relatifs aux émissions des voyages aériens, aux objectifs de réduction de ces émissions et au reporting. Au sein des 17 pays du classement, les entreprises dont le personnel voyage le plus en avion sont responsables d’une part importante des voyages d’affaires dans le monde. L’analyse met en lumière les efforts importants que certaines entreprises internationales doivent encore consentir pour réduire les émissions de leurs voyages d’affaires. Les entreprises se voient attribuer une note de A, B, C ou D. Dans l’édition de cette année, 11 entreprises ont obtenu la note A, 3 la note B, tandis que l’écrasante majorité (212) a reçu la note C et 6 entreprises ont vu la note D accolée à leur nom.

Pour accélérer la transition en matière de voyages d’affaires, Canopea participe au développement d’une Coalition pour des voyages d’affaires durables en Belgique, réunissant des organisations avant-gardistes qui s’engagent à minimiser l’impact environnemental et climatique de leurs voyages d’affaires. Actuellement, la moitié des organisations engagées dans cette coalition sont des universités ou hautes écoles, lesquelles se montrent exemplaires et peuvent inspirer les entreprises par certaines de leurs pratiques. Les fédérations d’entreprises ou d’agence de voyage ont un rôle clé à jouer. La Belgian Travel Confederation (fédération de toutes les associations belges actives dans le secteur du voyage), par exemple, a perçu l’importance d’accompagner les agences de voyages afin de changer progressivement les pratiques pour une meilleure prise en compte du climat et de l’environnement lors des voyages d’affaires.

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